Poète, montre nous le chemin et nous te suivrons l'esprit conquérant
TOUR D'HORIZONS
Tu te demandes « d’où viennent-ils ,
Comment se retrouvent-ils à Paris ?
Quel tas « d’haillons » dans la ville
On se croirait en plein safari
Ebloui par la Tour et la Défense
Voici Paris, la ville de tous les rêves
Au Château Rouge c’est une autre danse
Ce sont les métros qui sont en grève
J’ai vite retrouvé mon village
A quelques kilomètres de la Tour
Une ville aux multiples visages
Monsieur chaos me dit bonjour
La banlieue sera mon nouveau nid
C’est là qu’avec joie j’ai trouvé asile
Au premier jour quelqu'un avec mépris
Me voulait voir loin de la ville
Européen "joyeux" de second niveau,
Dans une machine qui n’a pas ma taille
Jesuis le nouveau passager du bateau
Qui navigue avec « la racaille »
Mon nouveau coin est gris, blanc
Et noir. Tous les petits mondes sont ici
Nous avons pris place sur le banc
D’éternels accusés de la vie
En Côte d’Ivoire, pays de mes amis
Deux présidents, le même bonheur
Le peuple crève pour un grain de riz
Pourtant son beurre fond ailleurs
Un Président jubile dans son palais
L’autre s'irrite dans sa "mini-République"
Viendra des commandos la réplique
Et la vie au Palais a son délai
Au Soudan on s’entretue
Nord contre sud, pourquoi?
Plus loin à Tunis, c’est dans la rue
Que la colère malade cherche la loi
Le Sud Soudan sera un Etat libre
Mais à quoi sert cette liberté
Si la haine étale encore ses fibres
Et partout son infinie bonté
Les rues du Caire sont en flammes
Le pouvoir résiste le gourdin en main
Ne sont du reste enfants et femmes
On saura la suite le lendemain
La Libye est le champ d’expérience
Des nouvelles technologies militaires
L’occident exhibe sa science
Sous prétexte de régime totalitaire
Les panafricanistes émus se sont tus
Kadhafi n'est-il pas panafricaniste
Les bombes économiques et intérêts tortus
Au nom d’une libération annexionniste
Un « putschiste » fuit les mutins
Pourtant jadis de son camp
Il arrive qu’un dressé mâtin
Prenne la clé des champs
Regarde le chinois, la nouvelle star
Le monde se bouscule dans sa maison
On trouve qu’il est beau son nouveau car
Chacun veut flatter sa raison
L’Asie n’est pas une copie conforme
Très peu de science, très peu de droits
La coque est illusoire, le fond informe
Dans quelque mer le pirate est roi
Au quotidien l’enfant d’Israël
Grandit un caillou dans la main
A deux mètres de lui la Palestine elle
Est aux aguets tous les matins
Un Allemand se souvient de ses aïeux
Des moments passés, de la belle histoire
Pour lui le monde serait heureux
Si l’Allemagne avait connu la victoire
Que fait l’Anglais de ses vacances
Se griser l’esprit est son hobby
Les plages doivent s’habituer à sa panse
Et comprendre que c’est ça la vie
Tous côtoient ces banques ivres
Chaque tyran son butin en main
Les "biens mal acquis" font vivre
Le truand et son parrain
Respect au policier universel
Qui dégaine son arme, quand il est content
Il faut bien du piment, et un peu de sel
Afin que l'or noir soit succulent
Vénéré clochard, de la gare du nord
Qui n’a rien pourtant il est heureux
Ne le regarde pas de travers à tort
Avec tes trésors, tu n’es pas mieux
Au revoir vieillard à la retraite
Qui regrette sa richissime vie qui s’éteint
Il attend du trépas sa première défaite
Et va peut être retrouver ses copains
Pluie torrentielle amoureuse du Brésil
Nettoie au passage tout le quartier
Les eaux montent, quel mois d’avril !
Aucune trace d’Eduardo, le cartier
Joli ciel bleu sur une pomme
Tournant autour d’une orange
Un vieux mariage en somme
Qui des deux aucun ne dérange
Querelle universelle donne-moi la main
Nous sommes les pèlerins du monde
Nous quitterons ce bal demain
D’autres feront après nous la ronde
BEN SIMON